Chers camarades,
Je vous transmets
les cordiales salutations des communistes irakiens et leurs vœux pour le
succès de cette 10ème rencontre des Partis Communistes et ouvriers
pour contribuer au développement du rôle de notre mouvement dans la
construction d’un front global contre la globalisation néo-libérale et
l’impérialisme, pour la paix, la démocratie, le progrès social et le
socialisme.
Nous exprimons
nos remerciements fraternels au Parti Communiste du Brésil qui héberge cette
rencontre internationale ce qui nous donne l’occasion de réitérer notre
solidarité avec tous les peuples d’Amérique Latine et avec les aboutissements
et les victoires de la gauche sociale et politique de ce continent.
Nous saisissons
aussi cette opportunité pour exprimer à partir de cette rencontre pour
exprimer notre gratitude pour la solidarité internationale pour notre peuple,
les forces démocratiques et le Parti dans la lutte en cours, dans des
conditions complexes et difficiles pour en finir avec l’occupation, restaurer
la pleine souveraineté et l’indépendance et construire un Irak unifié,
démocratique et fédéral.
Chers camarades,
La crise
financière, avec ses énormes proportions qui prennent d’assaut les économies
capitalistes aujourd’hui, est l’expression des contradictions du capitalisme
globalisé, révélant une fois de plus l’incapacité de ce système à résoudre
ses contradictions et ses tentatives pour sauver ses institutions
financières, en forçant le monde du travail à porter sur ses épaules le
fardeau par l’utilisation de l’argent des contribuables. Ces tentatives ont
été décriées par ce mot d’ordre « Plus du tout de nationalisations et plus de
profits privés »
Ilya un accord
presque total pour dire que cette crise actuelle globale montre l’échec du
modèle néo-.libéral du capitalisme qui domine depuis plus de 20 ans. De
nouveaux horizons, cependant se font jour qui promettent un potentiel de
surgissement et d’élargissement de la lutte par les forces qui non seulement
sont opposés aux globalisations mais opposées au capitalisme lui-même.
Une des
conséquences directes de cette crise est qu’elle a secoué une des bases les
plus importantes l’hégémonie idéologique qui a été imposée par le
néo-libéralisme pendant plusieurs décennies. La crise prouve, une fois de
plus, que le marché libéral n’est pas rationnel et conduit aux catastrophes.
Elle a aussi secoué la conviction qu’il n’y a pas d’alternative au système
économique international. Pour une alternative De plus elle donne un sérieux
coup de pouce à ceux qui combattent pour une alternative qui surpasse le
capitalisme avec des degrés différents de radicalisme.
De meilleures
opportunités sans aucun doute existent pour faire un grand pas en avant sur
le chemin de la construction d’un mouvement international pour affronter
l’internationalisme du capital. Mais cela nécessite une base correcte et en
bon état sur deux niveaux national et international qui ont des points de vue
différents sur leur position sociale et de classe, les bases idéologiques, le
programme politique, les formes organisationnelles et les perspectives
mondiales. Peut-être que la majeure partie de ces formes ne rejettent pas le
capitalisme comme système mais rejettent certains de ses effets et de son
impact, seulement aussi dans des espaces spécifiques.
Les forces qui
sont opposées au capitalisme cherchent un système alternatif (comme le
socialisme) qui serait capable de jouer un rôle assurant la cohésion du
mouvement, en développant ses positions, ses actions et ses luttes pour
enrichir son contenu social augmenter son influence et assurer sa constance et
sa résistance.
A bien des
égards, nous croyons qu’il est de la plus haute importance de faire attention
à l’interrelation entre la démocratie politique et la lutte contre
l’impérialisme et toutes les formes d’exploitations et d’agression. Négliger
cette interdépendance entre ces deux luttes conduit à une position
unilatérale et au manque de solidarité avec les forces qui combattent pour
leur libération nationale et pour un objectif démocratique qui sont dans la
ligne d’une lutte générale contre l’impérialisme et le néo-libéralisme.
Chers camarades,
Notre 8ème
Congrès s’est tenu à Bagdad en Mai 2008 avec une attention spéciale pour la
situation internationale et pour les développements en Amérique Latine. Le
rapport politique adopté par le congrès contient une partie détaillée « La
victoire des forces de gauche en Amérique Latine »Je le mentionne pour les
partis frères pour qu’ils sachent comment ses victoires ont inspiré les
communistes irakiens et particulièrement la jeunesse.
Dans ce rapport
après avoir fait allusion aux victoires au Chili, Venezuela, Brésil,
Salvador, Equateur, Bolivie et Nicaragua, on dit que l’Amérique Latine n’est
plus ‘’ l’arrière cour des Etats Unis’’
Cette montée de
la gauche en Amérique Latine a pour notre parti une signification historique
profonde. Arrivant après plusieurs années après la chute du camp socialiste en
Europe et de l’Union Soviétique prouve que la lutte de classe et sociale, la
lutte pour la justice et la liberté, ne peuvent pas s’éteindre et ne mourront
pas et que l’humanité, dans son effort pour le progrès, tend objectivement
vers la recherche de la justice sociale et vers la rupture de l’hégémonie du
capitalisme et vers la construction d’un nouveau monde.
La chute du camp
socialiste peut avoir causé initialement un revers pour les forces de gauche
et de progrès social, mais les évènements ont révélé que la société humaine a
retrouvé son poids et sa confiance en elle-même et commence à trouver de
nouvelles formes non expérimentées précédemment, pour la lutte sociale et de
classe pour la justice et pour la paix.
Le document du 8ème
Congrès de notre Parti a conclu en disant ‘’Beaucoup de leçons sont à tirer
de ce qui s’est passé dans ce continent et nécessite qu’on s’en saisisse. Tout
d’abord au-delà de ces leçons, le monde a besoin d’un projet exhaustif,
alternatif au système impérialiste. Il a besoin d’un projet, d’une vision qui
inspire de l’imagination aux peuples pour qu’ils se libèrent de leurs chaînes
et de la barrière de la peur et pour qu’ils développent leur volonté et leur
immense désir de regarder en avant pour la liberté, la justice et l’égalité.
Chers camarades,
En plus de la
dominante du caractère financier de l’économie du monde et de ses implications
( comme le montre la crise globale actuelle),il ya aussi l’ordre mondial,
unipolaire conduit par les Usa qui a pour résultat de graves violations de la
légitimité internationale et aussi eut recours à la guerre et à l’agression
(ce qui a été le cas de l’invasion et de l’occupation de l’Irak en 2003).Il a
eu pour but d’imposer son hégémonie sur le monde n’hésitant pas à allumer des
feux dans des guerres locales qui ont causé des dizaines et des centaines de
milliers de victimes.
Dans ce contexte,
je voudrais dire quelques mots sur la situation en Irak.
Cinq ans et demi
après la guerre des Usa contre l’Irak, la chute du régime dictatorial et
l’occupation, la lutte pour en finir avec la présence des troupes étrangères
continue à être fermement interconnectée avec la lutte pour reconstruire le
nouvel état irakien et déterminer les deux son contexte et son caractère.
D’où
la ‘’spécificité’’ de ce qui est suivi en Irak.
Dans ces
conditions difficiles et complexes, une féroce bataille continue, non
seulement pour le pouvoir et la richesse mais aussi pour l’orientation
politique, économique, sociale et culturelle qui déterminera les
caractéristiques du nouvel état irakien qui émergera. On peut dire que les
tâches nationales, démocratiques se combinent et s’interfèrent. Cependant,
avec la tâche de mettre fin à l’occupation et sa législation, restaurer la
pleine souveraineté et l’indépendance, nous avons la tâche d’éliminer la
législation de décades de dictature de type fasciste, de restructurer
l’économie irakienne et de reconstruire l’état sur des bases démocratiques
fédérales. Les facteurs internationaux et régionaux interfèrent et rendent la
lutte plus complexe et l’intensifient. Notre Parti a sa propre vision résumée
dans le Projet Patriotique Démocratique, qui a pour but de construire un état
moderne, démocratique ; un état basé sur le droit et les institutions et les
principes de citoyenneté, assurant la démocratie et la justice sociale, opposé
aux projets sectaires et au retour de la dictature qu’elle soit nationaliste
ou religieuse.
En même temps
l’Irak traverse une conjoncture cruciale et critique dans la bataille
politique pour réacquérir sa souveraineté nationale. Après 8 mois de
négociations entre les deux gouvernements irakien et américain, un rapport
d’accord traitant du retrait des forces américaines et d’autres questions a
finalement été remis au Parlement Irakien pour discussion et possible
ratification.
Notre Parti a
clairement annoncé sa position détaillée concernant les contenus de cette
version provisoire du rapport de l’accord le 31 Octobre 2008(il y a trois
semaines) dans un meeting à Bagdad. Nous avons été le premier mouvement
politique à faire cette démarche. Notre Parti a demandé qu’un calendrier soit
clairement défini pour le retrait, empêchant toute tentative d’étendre la
présence des forces américaines au-delà des délais fixés. D’autres points ont
été spécifiés comme la question de l’exercice des lois irakiennes sur les
militaires et le personnel américain pendant la période transitoire, le
contrôle et la surveillance irakienne sur les opérations militaires, la
protection des fonds irakiens quand le mandat de l’ONU prendra fin et aussi ne
pas permettre que l’Irak soit utilisé comme avant poste pour agresser les pays
voisins. Le Parti a appelé à la suppression de tout langage ambigu qui
permettrait d’élargir la présence des forces américaines. Il demande que
l’accord soit amendé ou il sera rejeté. Des demandes semblables ont été
faites par d’autres forces politiques.
La version finale
de l’accord, avec des amendements importants, est maintenant discutée au
Parlement. Cet appel pour le retrait de toutes les forces américaines (et pas
seulement les forces de combat) pour la fin 2011 doit être précédé du retrait
des cités et des villes à partir de fin Juin 2009 .C’est une reculade
significative de l’administration Bush. A noter que le plan du Président élu
Obama de mettre fin à la guerre en Irak avait appelé au retrait des troupes
16 mois après sa prise de fonction. Mais ce plan a été modifié et a appelé à
un ‘’retrait responsable’’ s’appuyant sur la consultation du commandement
militaire et laissant derrière eux ‘’une force résiduelle’’ pour des prétextes
d’entraînement et de combattre le terrorisme. Nous ne nous faisons aucune
illusion : la politique américaine n’est pas décidée par ce président ou un
autre elle est le produit d’intérêts divers et contradictoires.
Si cet accord
n’est pas approuvé le 31 Décembre 2008, le gouvernement irakien devra demander
une extension du mandat de l’ONU qui a géré la présence des forces étrangères
et américaines depuis 2003 contre la volonté du peuple irakien. Cela voudrait
dire que c’est le statu-quo et que la présence des forces américaines est sans
fin, ce que nous pensons être le pire choix.
Nous ne devons
pas perdre de vue notre objectif : la fin de l’occupation et l’évacuation de
toutes les forces militaires américaines et étrangères et restaurer la pleine
souveraineté et l’indépendance
L’indépendance ne
sera pas complète et pas réelle sans que le peuple irakien exerce le droit de
décider son propre système économique et social et sans qu’il puisse formuler
en toute indépendance, sa politique sur tous les plans.
Achever cet
objectif d’abord et avant tout demande l’unité nationale, le consensus
national aussi bien que de pousser à mettre en avant la politique de
réconciliation nationale.
Chers camarades,
En dépit de ces
énormes challenges, le Parti s’est reconstruit à travers tout l’Irak et s’est
engagé dans des activités de masse de défense des intérêts des droits du
peuple et des travailleurs et exprime leurs aspirations.Ca a été possible
grâce à de lourds sacrifices par le martyr et la perte de dizaines de
camarades .Parmi ceux-ci des cadres du Parti ,des membres du Bureau Politique
.Le 23 Août dernier un cadre intellectuel important Kamil SHYAA a été
sauvagement assassiné à Bagdad.
Dans cette
situation difficile nous recherchons la solidarité des partis frères. Nous
avons besoin de soutien concret .Nous devons avoir en tête que l’Irak entre
dans une phase cruciale dans son combat pour mettre fin à l’occupation
restaurer la pleine souveraineté et l’indépendance, se défendre contre les
forces sectaires et anti-populaires et construire un Irak unifié, démocratique
et fédéral.
Notre Parti,
malgré les énormes challenges auxquels il a à faire face, armé de la confiance
illimitée du peuple irakien et guidé par ses intérêts continuera sa lutte pour
renforcer ses liens avec les partis frères et avec les mouvements qui veulent
la paix, progressistes et démocratiques dans le monde, dans notre lutte
commune pour un monde meilleur portant haut les valeurs du socialisme et du
communisme.