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Contribution du Parti Communiste Irakien
Meeting international des Partis Communistes et ouvriers
Sao-Paulo Brésil 20-21 Novembre 2008

 Chers camarades,

Je vous transmets les cordiales salutations des communistes irakiens et leurs vœux pour le succès de cette 10ème rencontre des Partis Communistes et ouvriers pour contribuer au développement du rôle de notre mouvement dans la construction d’un front global contre la globalisation néo-libérale et l’impérialisme, pour la paix, la démocratie, le progrès social et le socialisme.

Nous exprimons nos remerciements fraternels au Parti Communiste du Brésil qui héberge cette rencontre internationale ce qui nous donne l’occasion de réitérer notre solidarité avec tous les peuples d’Amérique Latine et avec les aboutissements et les victoires de la gauche sociale et politique de ce continent.

Nous saisissons aussi cette opportunité pour exprimer à partir de cette rencontre pour exprimer notre gratitude pour la solidarité internationale pour notre peuple, les forces démocratiques et le Parti dans la lutte en cours, dans des conditions complexes et difficiles  pour en finir avec l’occupation, restaurer la pleine souveraineté et l’indépendance et construire un Irak unifié, démocratique et fédéral.

Chers camarades,

La crise financière, avec ses énormes proportions qui prennent d’assaut les économies capitalistes aujourd’hui,  est l’expression des contradictions du capitalisme globalisé,  révélant une fois de plus  l’incapacité de ce système à résoudre ses contradictions   et ses tentatives pour sauver ses institutions financières, en forçant le monde du travail à porter sur ses épaules le fardeau par l’utilisation de l’argent des contribuables. Ces tentatives ont été décriées par ce mot d’ordre « Plus du tout de nationalisations et plus de profits privés »

Ilya un accord presque total pour dire que cette crise actuelle globale montre l’échec du modèle néo-.libéral du capitalisme qui domine depuis plus de 20 ans. De nouveaux horizons, cependant se font jour qui promettent un potentiel de surgissement et d’élargissement de la lutte par les forces qui non seulement sont opposés aux globalisations mais opposées au capitalisme lui-même.

Une des conséquences directes de cette crise est qu’elle a secoué une des bases les plus importantes l’hégémonie idéologique qui a été imposée par le néo-libéralisme pendant plusieurs décennies. La crise prouve, une fois de plus, que le marché libéral n’est pas rationnel et conduit aux catastrophes. Elle a aussi secoué la conviction qu’il n’y a pas d’alternative au système économique international. Pour une alternative De plus elle donne un sérieux coup de pouce à ceux qui combattent pour une alternative qui surpasse le capitalisme avec des degrés différents de radicalisme.

De meilleures opportunités  sans aucun doute existent pour faire un grand pas en avant sur le chemin de la construction d’un mouvement international pour affronter l’internationalisme du capital. Mais cela nécessite une base correcte et en bon état sur deux niveaux national et international qui ont des points de vue différents sur leur position sociale et de classe, les bases idéologiques, le programme politique, les formes organisationnelles et les perspectives mondiales. Peut-être que la majeure partie de ces formes ne rejettent pas le capitalisme comme système mais rejettent certains de ses effets et de son impact, seulement aussi dans des espaces spécifiques.

Les forces qui sont opposées au capitalisme cherchent un système alternatif (comme le socialisme) qui serait capable de jouer un rôle assurant la cohésion du mouvement, en développant  ses positions, ses actions et ses luttes pour enrichir son contenu social augmenter son influence et assurer sa constance et sa résistance.

A bien des égards, nous croyons qu’il est de la plus haute importance  de faire attention à l’interrelation entre la démocratie politique et la lutte contre l’impérialisme et toutes les formes d’exploitations et d’agression. Négliger cette interdépendance entre ces deux luttes conduit à  une position unilatérale et au manque de solidarité avec les forces qui combattent pour leur libération nationale et pour un objectif démocratique qui sont dans la ligne d’une lutte générale contre l’impérialisme et le néo-libéralisme.

Chers camarades,

Notre 8ème Congrès s’est tenu à Bagdad en Mai 2008 avec une attention spéciale pour la situation internationale et pour les développements en Amérique Latine. Le rapport politique adopté par le congrès contient une partie détaillée « La victoire des forces de gauche en Amérique Latine »Je le mentionne pour les partis frères pour qu’ils sachent comment ses victoires ont inspiré les communistes irakiens et particulièrement la jeunesse.

Dans ce rapport après avoir fait allusion aux victoires au Chili, Venezuela,  Brésil, Salvador,  Equateur, Bolivie et Nicaragua, on dit que l’Amérique Latine n’est plus ‘’ l’arrière cour des Etats Unis’’

Cette montée de la gauche en Amérique Latine a pour notre parti une signification historique profonde. Arrivant après plusieurs années après la chute du camp socialiste en Europe et de l’Union Soviétique prouve que la lutte de classe et sociale, la lutte pour la justice et la liberté, ne peuvent pas s’éteindre et ne mourront pas et que l’humanité, dans son effort pour le progrès, tend objectivement vers la recherche de la justice sociale et vers la rupture de l’hégémonie du capitalisme et vers la construction d’un nouveau monde.

La chute du camp socialiste peut avoir causé initialement  un revers pour les forces de gauche et de progrès social, mais les évènements ont révélé que la société humaine a retrouvé son poids et sa confiance en elle-même et commence à trouver de nouvelles formes non expérimentées précédemment, pour la lutte sociale et de classe pour la justice et pour la paix.

Le document du 8ème Congrès de notre Parti  a conclu en disant ‘’Beaucoup de leçons sont à tirer de ce qui s’est passé dans ce continent et nécessite qu’on s’en saisisse. Tout d’abord au-delà de ces leçons, le monde a besoin d’un projet exhaustif, alternatif au système impérialiste. Il a besoin d’un projet, d’une vision qui inspire de l’imagination aux peuples pour qu’ils se libèrent de leurs chaînes et de la barrière de la peur et pour qu’ils développent leur volonté et leur immense désir de regarder en avant pour la liberté,  la justice et l’égalité.

Chers camarades,

En plus de la dominante du caractère financier de l’économie du monde et de ses implications ( comme le montre la crise globale actuelle),il ya aussi l’ordre mondial, unipolaire conduit par les Usa qui a pour résultat  de graves violations de la légitimité internationale et aussi  eut recours à la guerre et à l’agression (ce qui a été le cas de l’invasion et de l’occupation de l’Irak en 2003).Il a eu pour but d’imposer son hégémonie sur le monde n’hésitant pas à allumer des feux dans des guerres locales qui ont causé des dizaines et des centaines de milliers de victimes.

Dans ce contexte, je voudrais dire quelques mots sur la situation en Irak.

Cinq ans et demi après la guerre des Usa contre l’Irak, la chute du régime dictatorial et l’occupation, la lutte pour en finir avec la présence des troupes étrangères continue à être fermement interconnectée avec la lutte pour reconstruire le nouvel état irakien et déterminer les deux son contexte et son caractère. D’où la ‘’spécificité’’ de ce qui est suivi en Irak.

Dans ces conditions difficiles et complexes, une féroce bataille continue, non seulement pour le pouvoir et la richesse mais aussi pour l’orientation politique, économique,  sociale et culturelle qui déterminera les caractéristiques du nouvel état irakien qui émergera. On peut dire que les tâches nationales, démocratiques se combinent et s’interfèrent. Cependant, avec la tâche de mettre fin à l’occupation et  sa législation, restaurer la  pleine souveraineté et l’indépendance, nous avons la tâche d’éliminer la législation de décades de dictature de type fasciste,  de restructurer l’économie irakienne et de reconstruire l’état sur des bases démocratiques fédérales. Les facteurs internationaux et régionaux interfèrent et rendent la lutte plus complexe et l’intensifient. Notre Parti a sa propre vision résumée dans le Projet Patriotique Démocratique, qui a pour but de construire un état moderne, démocratique ; un état basé sur le droit et les institutions et les principes de citoyenneté, assurant la démocratie et la justice sociale, opposé aux projets sectaires et au retour de la dictature qu’elle soit nationaliste ou religieuse.

En même temps l’Irak traverse une conjoncture cruciale et critique dans la bataille politique pour réacquérir sa souveraineté nationale. Après 8 mois de négociations entre les deux gouvernements irakien et américain, un rapport d’accord traitant du retrait des forces américaines et d’autres questions a finalement été remis au Parlement Irakien pour discussion et possible ratification.

Notre Parti a clairement annoncé sa position détaillée concernant les contenus de cette version provisoire du rapport de l’accord le 31 Octobre 2008(il y a trois semaines) dans un meeting à Bagdad. Nous avons été le premier mouvement politique à faire cette démarche. Notre Parti a demandé qu’un calendrier soit clairement défini pour le retrait, empêchant toute tentative d’étendre la présence des forces américaines au-delà des délais fixés. D’autres points ont été  spécifiés comme la question de l’exercice des lois irakiennes sur les militaires et le personnel  américain pendant la période transitoire, le contrôle et la surveillance irakienne sur les opérations militaires, la protection des fonds irakiens quand le mandat de l’ONU prendra fin et aussi ne pas permettre que l’Irak soit utilisé comme avant poste pour agresser les pays voisins. Le Parti a appelé à la suppression  de tout langage ambigu qui permettrait d’élargir la présence des forces américaines. Il demande que l’accord  soit amendé ou il sera rejeté. Des demandes semblables ont été faites par d’autres forces politiques.

La version finale de l’accord, avec des amendements importants, est maintenant discutée au Parlement. Cet appel pour le retrait de toutes les forces américaines (et pas seulement les forces de combat) pour la fin 2011 doit être précédé du retrait des cités et des villes à partir de fin Juin 2009 .C’est une reculade significative de l’administration Bush. A noter que le plan du Président élu Obama de mettre fin à la guerre en Irak avait appelé au retrait des troupes 16  mois après sa prise de fonction. Mais ce plan a été modifié et a appelé à un ‘’retrait responsable’’ s’appuyant sur la consultation du commandement militaire et laissant derrière eux ‘’une force résiduelle’’ pour des prétextes d’entraînement et de combattre le terrorisme. Nous ne nous faisons aucune illusion : la politique américaine n’est pas décidée par ce président ou un autre elle est le produit d’intérêts divers et contradictoires.

Si cet accord n’est pas approuvé le 31 Décembre 2008, le gouvernement irakien devra demander une extension du mandat de l’ONU qui a géré la présence des forces étrangères et américaines depuis 2003 contre la volonté du peuple irakien. Cela voudrait dire que c’est le statu-quo et que la présence des forces américaines est sans fin, ce que nous pensons être le pire choix.  

Nous ne devons pas perdre de vue notre objectif : la fin de l’occupation et l’évacuation de toutes les forces militaires américaines et étrangères et restaurer la pleine souveraineté et l’indépendance

L’indépendance ne sera pas complète et pas réelle sans que le peuple irakien exerce le droit de décider son propre système économique et social et sans qu’il puisse formuler en toute indépendance, sa politique sur tous les plans.

Achever cet  objectif d’abord et avant tout demande l’unité nationale, le consensus national aussi bien que de pousser à mettre en avant la politique de réconciliation nationale.

Chers camarades,

En dépit de ces énormes challenges, le Parti s’est reconstruit à travers tout l’Irak et s’est engagé dans des activités de masse de défense des intérêts des droits du peuple et des travailleurs  et exprime leurs aspirations.Ca a été possible grâce à de lourds sacrifices par le martyr et la perte de dizaines de camarades .Parmi ceux-ci des cadres du Parti ,des membres du Bureau  Politique .Le 23 Août dernier un cadre intellectuel important  Kamil SHYAA a été sauvagement assassiné à Bagdad.

Dans cette situation difficile nous recherchons la solidarité des partis frères. Nous avons besoin de soutien concret .Nous devons avoir en tête que l’Irak entre dans une phase cruciale dans son combat pour mettre fin à l’occupation restaurer la pleine souveraineté et l’indépendance, se défendre contre les forces sectaires et anti-populaires et construire un Irak unifié, démocratique et fédéral.

Notre Parti, malgré les énormes challenges auxquels il a à faire face, armé de la confiance illimitée du peuple irakien et guidé par ses intérêts continuera sa lutte pour renforcer ses liens avec les partis frères et avec les mouvements qui veulent la paix, progressistes et démocratiques dans le monde, dans notre lutte commune pour un monde meilleur portant haut les valeurs du socialisme et du communisme.